Jour de gloire

J’étais chez moi. Un ciel azuré au dessus de ma tête. Le soleil flamboyant. L’air froid, sec et vivifiant. Un jour magnifique. Peut-être prisonnier d’un corps d’humain, mais…

Je marchais au milieu d’un dédale de ruelles, slalomant entre les passants, parcourant du regard les échoppes, achetant ça et là un livre ou de la musique. J’avais les pieds sur terre, et pourtant…

Je sentais des ailes sur mon dos. J’avais la sensation bizarre de légèreté. Cette vie n’était plus un fardeau. Je ne pensais plus à être ailleurs, tellement ici était beau.

Au lieu d’observer et d’entendre, je ressentais cette infime partie d’univers. Il n’y avait pas à réfléchir, seulement à éprouver et à apprécier. Beauté pure de l’existence, esthétisme du vivant, noblesse du genre humain comme les petits plaisirs terrestres…

Tout cela sans rien se dire, sans aucun mot. Et avec cette légèreté bizarre, la sensation que la réponse ultime se trouvait en moi. Le pourquoi de la vie, le pourquoi de l’existence, la finalité de l’univers et tout celà. Inscrit dans ma chair, sans que je puisse le découvrir moi-même, me laissant uniquement la sensation d’un savoir sous-jacent.

Les questions sans réponses ne seront plus à poser : je suis la réponse.